Hommage à Victor Vasarely - œuvres 1930 - 1980

 

   
  Avant-propos
 

FONDATION VASARELY - Aix-en-Provence
19 septembre - 30 octobre 2008

 

Victor Vasarely, Charles Nisser, Pierre et Jean-Pierre à Gordes dans la maison de vacances 1969.

L’administration de la Fondation Vasarely m’a été confiée le 25 octobre 2007. A l’occasion du triple hommage qui est rendu à Victor Vasarely en cette année 2008, je mesure l’honneur d’être parmi ceux qui contribueront au retentissement de cette initiative tant pour l’oeuvre elle-même que pour la foi déployée par les responsables et les collaborateurs des Musées de Letterkenny, de Pécs et de la Fondation d’Aix-en-Provence.

La mission qui m’a été dévolue, m’a permis d’approfondir le domaine très spécifique de l’art optique, et celui de Victor Vasarely en particulier. Mes mots ne seront pas tant ceux d’un théoricien, se muant en critique d’art, mais ceux de l’émotion ressentie, s’adressant bien sûr aux visiteurs avertis mais tout autant et surtout aux novices découvrant l’oeuvre.

C’est grâce à l’initiative de Messieurs John Cunningham et Adrian Kelly, conservateurs du Regional Cultural Centre de Letterkenny et de la Glebe Gallery, que Victor Vasarely sera honoré en cette année emblématique en Irlande mais également dans les deux pays qui lui auront été si chers : la Hongrie, avec Pécs sa ville natale, où il fonde son musée didactique et la France, avec Aix-en-Provence, où il érige sa Fondation.

Qu’il me soit permis de remercier chaleureusement ces trois villes d’art concernées ainsi que toutes les personnes associées à l’hommage rendu à l’oeuvre du plasticien dont nous sommes si admiratifs.

Xavier Huertas


Gyözö

Mon grand-père «Gyözö», appelé ainsi affectueusement dans l’intimité par son épouse Claire, ses fils André, Jean-Pierre et moi-même, aimait évoquer son attachement à la Hongrie et à Pécs, sa ville natale, dont il connaissait si bien l’histoire. Victor Vasarely témoignait, dès qu’il en avait l’occasion, de ce qu’avait été son bagage essentiel lorsqu’il avait quitté la Hongrie en 1930 pour Paris à l’âge de 24 ans et non 22, étant né en 1906 et non en 1908, comme il l’affirmait par coquetterie…

Il se souvenait avec attendrissement de ses études primaires, de son éducation à «l’école des citoyens» équivalent du Gymnasium, et de ses études brèves à la Faculté de Médecine. Désormais attiré par l’Art, son choix se fit sur le grand maître hongrois Alexandre Bortnyik qui relayait les enseignements majeurs du Bauhaus de Weimar sur ceux du Muhely de Budapest. Bortnyik, pendant trois années de formation sévère, lui inculquera les principes fondamentaux qui furent les supports de sa création, l’ensemble des techniques minutieusement acquises qui contribuèrent à ses succès dans l’art de la publicité d’abord puis dans les arts plastiques ensuite.

C’est encore au Muhely que Victor Vasarely rencontrera Claire, élève très douée, qui deviendra son épouse et qui abandonnera ses propres créations afin de se consacrer, jusqu’à sa disparition en 1990, exclusivement à l’oeuvre de son mari, revêtant ainsi une si grande importance pour ce dernier.

Sa notoriété de plasticien reconnu internationalement dès 1955, Victor Vasarely dotera Gordes en 1970, Aix-en-Provence et Pécs en 1976, puis Budapest en 1986, d’un ensemble d’oeuvres majeures en faveur d’une fondation française et de deux musées hongrois spécialement conçus pour les accueillir. Il marquait de la sorte sa gratitude à deux pays qui lui étaient chers, l’un pour l’avoir éveillé à la fierté de ses racines et l’autre pour lui avoir permis de réaliser une vie vouée tout entière à l’Art. L’oeuvre de Vasarely est universelle : en effet, elle introduit une évolution de la notion «forme - couleur» sur la base d’un langage compréhensible par tous.

Le folklore et la langue de ses origines l’ayant toujours inspiré, de nombreuses oeuvres portent ainsi des noms hongrois ; mais la rigueur et la diversité de son pays d’adoption contribueront à son rayonnement mondial.C’est ce qu’illustre cette exposition itinérante:
- au Musée d’Art Moderne de Donegal : Juillet-Août,
- à la Fondation Vasarely d’Aix-en-Provence : Septembre-Octobre,
- pour se terminer au Musée Vasarely de Pécs : Novembre-Décembre.

SONORA-DO, 1973

 

 

L’initiative exceptionnelle de ces trois structures européennes mérite nos remerciements notamment pour les prêts du musée hongrois et de quelques particuliers. Une fois de plus la fascination de la création «vasarélienne» enchantera et enrichira l’univers plastique des visiteurs.

J’ai eu l’occasion de séjourner avec mon épouse et mes enfants chez nos amis Mireille et John à Ardara à Pâques 2005 lesquels nous firent découvrir le Donegal. C’est donc avec beaucoup d’émotion que je reviens dans cette belle et chaleureuse région à laquelle Victor Vasarely n’aurait pas été insensible, lui qui était si proche de la nature, comme en témoigne sa période dite «Belle Isle», île bretonne, son Irlande à lui.Je tiens ici à remercier le Musée Vasarely de Pécs, représenté par son directeur, Monsieur Jozsef Sarkany, pour sa contribution majeure, celle de la Fondation Vasarely, administrée par Monsieur Xavier Huertas - sans oublier Monsieur Jacques Mandelbrojt, mon ami plasticien marseillais, sans lequel je n’aurais jamais rencontré Messieurs Adrian Kelly et John M. Cunningham, conservateurs du Musée de Letterkenny et de la Glebe Gallery, si prompts à s’être mobilisés pour rendre hommage en 2008 au «père de l’op’ art».

Pierre Vasarely


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